Les débats autour de l'intérêt socio-économique de l'A69 entre Toulouse et Castres m'ont rappelé que je m'étais penchée il y a quelques années sur le bilan ex post de l’ A.51 de Sisteron à la Saulce publiée en 2007 par le CEREMA.
Bilan édifiant qui correspond à la réalité d'une autoroute vide sauf les week-ends d'hiver pour un accès aux sports d'hiver du seul bassin de vie Aix-Marseille.
Ce qu'il en ressort:
- perception du projet par les utilisateurs et acteurs locaux: satisfaits de l'infrastructure mais trouvent le péage trop cher.
- effets du projet sur les conditions de circulation:
- trafic:
- trafic surestimé dans les études initiales !
- trafic constaté en 2000 sur A51 de 6494 véhicules / jour, inférieur de 21% aux prévisions (8 160 véhicules / jour). En 2022, on serait autour de 18000veh/jr (en sortie à la Saulce).
- en 2000 (lors du bilan socio-éco): report du trafic plus faible de la RN85 vers A51 (60% pour 80% prévus) car amélioration de la RN85 et sous estimation du trafic local (qui ne prend pas l'autoroute).
- conditions de circulation: amélioration car on a désormais 2 axes routiers avec moins de circulation sur chacun des axes.
- sécurité routière: avec moins de trafic sur 2 axes routiers, on a divisé l'accidentologie par 2.
- Coût du projet: dépassement du coût des travaux très important (+ 72 % par rapport à l'estimation de l'APS) et prévisions de trafic trop optimistes (- 16 % en 2005 par rapport aux prévisions).
Le bilan socio-éco arrive donc à la conclusion que le taux de rentabilité immédiat (TRI) est ramené de 16 % à 7,7 %. Il était
largement surévalué lors de la DUP, donc.
In fine, on a l'exemple d'une infrastructure autoroutière qui a coûté nettement plus cher que prévu, pour un trafic
surestimé, qui profite au bassin de vie d'Aix Marseille et aux stations de ski, pleines tous les week-ends d'hiver. Cela génère du trafic routier supplémentaire, polluant, et des stations de ski
toutes équipées de canons à neige puisqu'il faut satisfaire la demande.
L'exemple même de la fuite en avant mais qu'on ne savait pas encore formuler et/ou qui n'était
pas entendable en 1992/1997.


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